Et si...

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Les plumes laissent libre cours
à leur imagination
en rédigeant un court texte
débutant par "Et si..."

Et si j’étais née princesse, si l’on m’avait appelée Élisabeth…. Et si, au décès du roi, mon père, j’étais devenue reine. Élisabeth II, ça sonne bien ! Élisabeth, reine du Royaume Uni…
J’aurais porté de beaux vêtements de toutes les couleurs, créations exclusives de grands couturiers, avec des chapeaux assortis pour être vue de loin, pour que tous sachent bien que je suis la reine.

J’aurais beaucoup voyagé, partout applaudie, photographiée, filmée, célébrée. J’aurais épousé un beau prince, j’aurais eu des enfants, mais sans trop m’en occuper, sans m’éveiller quand ils pleurent la nuit.

J’aurais vécu dans des châteaux magnifiques, servie par une foule de gens remplis d’adoration pour ma royale personne. Je n’aurais jamais dû faire la cuisine, le ménage, remplir des papiers administratifs ennuyeux, signer des chèques… L’argent me serait dû et j’aurais un emploi à vie.

Et oui, si j’étais… mais le rôle avait déjà été distribué !

Annie.

Et si l'envie te reprend de fourrer ton nez dans nos affaires, sois certain qu'on t'accueilleras à coup de pioche dans ta gueule d'enfoiré !

C'est sur cette ultime note de courtoisie que l'agent immobilier quitta le couple de propriétaires. L'annonce précisait il est vrai "particuliers uniquement, agences et courtiers s'abstenir" mais il avait tenté le coup, le métier requérant une dose d'audace et une autre de chance.

Cette dernière ne lui avait guère souri. L'accueil avait été brutal, les mots des vendeurs presque couverts par les aboiements de deux molosses dont la bave avait souillé ses souliers vernis.

Une fois rentré chez lui, il retira prudemment ses chaussures qu'il nettoya, se lava les mains, embrassa tendrement sa femme avant de s'affaler dans son canapé moelleux, savourant la vue depuis son loft lumineux. Les cordonniers ne sont pas toujours les plus mal chaussés.

Sylvain.

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