TEXTE PONDU... SUR L'HISTOIRE D'UN œuf
Histoire d'œuf.
La poule de Sonia est encore ce matin de mai confortablement installée dans son couffin de paille odorante et dorée. Elle couve... Quoi de plus naturel pour une pondeuse - qui plus est pour une vraie championne de la "pondaison", offrant chaque matin, depuis bientôt cinq ans, un bel œuf que Sonia recueille avec émotion commerciale. Quoi de plus naturel en effet qu'une poule qui couve, si ce n'est que la poule de Sonia couve maintenant un œuf unique qu'elle n'accepte en aucun cas de livrer à la fermière. On ne peut pas dire vraiment que cette poule montre les dents à l'approche de Sonia, cela ne convient pas, non... Mais elle défend si âprement son nid à coups de bec offensifs et à cris si perçants que Sonia n'ose plus tenter la moindre approche. Et l'affaire dure depuis bientôt deux mois... Depuis ce temps la poule maigrit et l'œuf prospère ; c'est ce qu'a pu découvrir Pierre, le mari de Sonia. Plus téméraire que sa femme, il a pu dégager la poule un instant et il a découvert avec stupeur un œuf gros comme celui d'une cane, d'une superbe couleur verte !
Tout le village est à ce jour au courant : on s'étonne, on s'interroge, on s'inquiète aussi, au point que quelques villageois tourmentés s'en sont allés voir le prêtre pour obtenir un conseil avisé. Ne serait-ce pas l'œuvre du diable ?
Dans le poulailler même les autres volailles ont mis la poule en quarantaine, seul le coq monte la garde pour défendre la malheureuse poule qui dépérit et s'étiole à vue d'œil.
Un matin de juin Sonia et Pierre découvrent la poule morte sur son nid, mais son œuf magnifique trône sur le lit de paille dorée, il a atteint la dimension d'un œuf d'autruche. Ils osent à peine le toucher tant sa couleur irisée étincelle dans la lumière de cette aube d'été. Sonia et Pierre Fabergé décident alors d'installer la merveille sur le buffet de la cuisine pour l'offrir à l'admiration de leurs voisins.
Annie.
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Eclosion.
Un premier frémissement. A peine perceptible. Suivi d'un deuxième. Tout juste plus long. Leur succèdent des tremblements, de plus en plus forts et de plus en plus rapprochés.
La matrice ovale et nacrée s'anime et s'agite. Jusqu'à une infime craquelure fendillant la coquille, d'où s'échappe une timide plainte.
Une brèche soudain éventre le lit pré-natal, libérant un bec, deux yeux ronds éblouis par la clarté soudaine, puis un corps minuscule et duveteux sur de fragiles pattes maladroites et inexpérimentées.
L'oisillon s'extirpe de l'œuf. Il savoure la tendresse maternelle prodiguée par le moelleux des plumes qui déjà ne lui fait plus regretter la chaleur du foyer dans lequel il a grandi.
Sylvain.
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Histoire d'œuf (en chocolat)
D'où vient l'œuf ? D'une grande fabrique. Mais avant d'être de chocolat au lait il fut cosse de cacao, concassée (ça a fait mal) puis torréfiée (c'était très chaud), broyée pour devenir poudre, mélangée à d'autres ingrédients et cuite. Que de tortures pour devenir un petit œuf qui finira précipité dans une bouche avide, croqué, avalé. Il redeviendra la pâte gluante qu'il fut et partira vers une nouvelle vie.
Monique.