Comment c'était la vie au bord de l'Oise

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Extraite du livre "C'est beau une ville la nuit" signé Richard Bohringer, la phrase "Que je te dise comment c’était la vie là bas, dans la maison au bord de l’Oise" donne l'inspiration.

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 Il y a longtemps

« Comment c’était la vie là-bas au bord de l’Oise »…. C’était il y a longtemps, je ne sais plus, j’ai oublié… Il faisait toujours beau en ce temps-là, - je sais que ce n’est pas vrai, mais j’ai besoin d’y croire ! Il faisait toujours beau. Tous nos amis venaient le dimanche au bord de l’eau. On aimait tellement rire ensemble, boire un coup et manger, et chanter ensemble quand le vin faisait son effet ! Chacun apportait quelque chose: des pâtés faits-maison, des volailles, des jambons, et des salades de toutes les couleurs, les tartes aux fruits et les gâteaux…

On s’endormait à l’ombre des grands saules, les femmes surtout ! Et nous, les hommes, sur les barques ! On en pêchait des carpes et des brochets énormes… Les gosses, on n’avait pas besoin de s’en occuper. Ils se fabriquaient des cabanes, et des souvenirs pour plus tard !

Et puis, un beau jour d’août, on a entendu sonner les cloches des environs, pas des sonneries de fête, non, celles-là elles annonçaient le malheur, la guerre.

C’était fini la vie là-bas au bord de l’Oise !

Annie.

La maison d’autrefois

La première maison que j’ai habitée à l’âge adulte ; elle n’était pas au bord de l’Oise, mais dans un modeste quartier de Gennevilliers – ville où je demeurais jusqu’alors chez mes parents en HLM.

Cette maison n’était pas ma maison, mais un petit appartement de deux pièces dans une maison d’un étage partagée en trois.

C’était une habitation destinée à la démolition, que la mairie avait mise en location en attendant, pour loger des familles des plus modestes. Les fenêtres du ré de chaussée en étaient d’ailleurs murées par des parpaings. Deux appartements se partageaient l’étage. Dans l’escalier entre deux, un WC à la turque servait aux deux familles.

Pas de salle de bain. Un couloir étroit tenait lieu de cuisine aménagée par mon père ; pas d’éléments : des planches et des rideaux orange faisaient office.

Dans la pièce principale, une table avec des bancs et un poêle à mazout qui chauffait l’ensemble, y compris l’unique chambre où deux papiers peints distincts distribuaient les espaces parents / bébé ; pas d’armoire non plus dans la chambre – des planches et un rideau en tenaient lieu encore.

Une maison de misère, mais au loyer modéré. Elle ouvrait à l’arrière sur une petite cour, où habitait une vieille dame bienveillante nommée Désirée.

Des années plus tard, je me souviens toujours d’elle et des voisins de pallier, car c’est la solidarité qu’a rencontré là le jeune couple que nous étions.

Danielle.

Publié dans a pied d'oeuvre

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