Fables

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Fables


Improvisez une fable
à parti
r
de deux personnages
tirés au sort.


Le crocodile et le cheval.

Au bord d'un fleuve tranquille
Marchait un homme serein.
Il cueillait des jonquilles,
S'enivrait de jasmin.

Au détour d'une courbe
Il vit un crocodile :
Il craignit l'esprit fourbe
Du terrible reptile.

Il s'éloigna bien sûr
Craignant pour sa survie
Et se dit en murmure
"De grâce j'ai envie".

Son souhait fut entendu
Lorsqu'arriva vers lui
Un cheval perdu
Dont il fut ébloui.

Persuadé que la bête
L'accueillerait sur son dos
Notre homme perdit la tête
Sur un coup de sabot.

Ne vous fiez pas aux apparences !
La menace des uns peut être inoffensive
La promesse des autres une ruse nocive.

Sylvain.



Le lion et le pigeon

Paresseusement allongé à l'ombre d'un tilleul antique un lion sommeillait.

C'est un matin d'avril et la vedette léonine du Parc zoologique se repose entre deux représentations. Tout à l'heure des visiteurs empressés et admiratifs se bousculeront pour contempler l'artiste soi-disant Roi des animaux.

Notre lion rêve des succès à venir, auréolé qu'il est déjà de ses triomphes passés, même si ce roi de la jungle est aujourd'hui devenu roi de la jungle parisienne, roi fainéant des villes.

Les grilles du Parc se sont ouvertes, la foule est accourue, le lion royal s'est dressé, rugissant et majestueux. Mais à ce moment un pigeon facétieux et quelque peu cynique laisse choir dans son vol sur la noble crinière une large fiente molle et blanchâtre qui glisse entre les yeux du monarque félin et fait éclater les spectateurs en rires inextinguibles.

Et l'oiseau refaisant un deuxième passage en survolant sa victime lui adresse cette apostrophe: "On est souvent un jour ou l'autre le pigeon de quelqu'un."

C'est ainsi que le gris volatile souvent méprisé par les gens des villes devint ce jour d'avril le héros du spectacle.

Annie


L'âne et l'agneau

Un âne en robe grise
Régentait une colonie
De jeunes animaux
Naïfs et inexpérimentés
Dont il occupait les journées.

Un jour qu’il cherchait à les occuper
Dans sa petite tête
Germa l’idée
De chacun les surnommer
Histoire de s’amuser.

Confiants, les novices
N’y virent pas vice
Et se prêtèrent au jeu
Plus ou moins malgré eux.

L’âne exerçant sa malice
Retint de chacun une faiblesse
Afin d’ajouter à l’exercice
Un peu plus d’épice.

Des jeunes un peu déconfits
Personne ne dit mot,
Après tout, ils avaient tous leur lot.

Vint le tour du fragile mouton,
A peine détaché de sa mère
Il ne se méfiait guère.

D’agneau bichonné
Il fut désigné.
Un peu honteux et contrit
Il en fut chagrin
Et ce jeu mesquin
Confisqua son destin.

L’âne n’en sut rien
Persuadé d’innocence
Et garda sa vie durant
Toute sa constance.
Le mouton mortifié
Lui, s’en souvint longtemps.

Méfions-nous des apparences
Par trop réductrices,
De coller des étiquettes
Gardons-nous sagement.

Danielle.


La biche et l'ours

Il était une jolie biche, fière et indépendante. Elle refusait de faire partie de la meute de femelles soumises à un seul et même maître. Certes, il était fort et puissant, mais qu'il avait l'air bête, le regard amorphe et ne pensant qu'à une chose ... procréer.

Elle allait donc, seule, de clairière en clairière, jouissant de la sérénité des lieux. Un jour, elle entendit un bruissement par derrière. Au lieu de fuir comme n'importe quelle gazelle, elle continua de brouter, choisissant soigneusement ses brindilles.

L'air de rien elle allait vers les broussailles d'où venait le bruit. Là, elle se trouva nez à nez avec un bel ours qui la regardait avec tout l'amour du monde. Leurs yeux se croisèrent, il y eu un grand éclair et toute la forêt en fut illuminée.

Il ne suffit pas de suivre la coutume pour trouver l'amour.

Monique


La puce entre chat et chien

Madame la puce était très contente d'elle. Sur le coussin, elle se dandinait de façon éhontée, campée sur ses pattes arrière, le dard levé.

Elle s'exerçait à faire son lancer : un coup à droite, un coup à gauche. Elle recule, puis avance, elle hésite. Quel est mon meilleur profil ? Elle exécute une rotation pour faire face au miroir : là au moins, je me vois bien pense-t-elle.

Dard levé, je vais les effrayer.
Dard sur le côté, je vais piquer.
Dard enroulé, je vais les tromper, simuler la paix pour mieux les attraper.

Satisfaite de son plan, elle s'observa. En fait Dame puce aimait tellement contempler son reflet dans le miroir qu'elle en oublia la menace.

La patte du chat l'attrapa
La fit voler en l'air
La gueule du chien se referma
Entre deux canines son dard éclata.

Dame Puce entendit mais trop tard le claquement de la mâchoire.

A force de se regarder on en oublie que ce sont les autres le danger.

Joëlle.

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