Atelier sur le thème de la magie
Écrire un court récit à partir d'une liste de mots tirés au sort.
Mission féérique
(à partir des mots > Bougies. Pouvoirs surnaturels. Grimoire. Maléfice. Fée.)
Le jour a disparu au profit d'une nuit sombre, comme chargée de lourds maléfices. La jeune fée a regagné sa chambre dans la septième Tour du château. Elle est encore apprentie en sortilèges, effectuant au château son dernier stage. Dans quelques mois, quelques années, une centaine peut-être - car au Royaume des Fées le temps prend d'autres dimensions plus extensibles que dans le monde des hommes - dans une centaine d'années sans doute, la jeune fée éprouvera ses pouvoirs surnaturels devant le Conseil des Vénérables Fées afin d'obtenir sa baguette d'or, et l'autorisation d'intervenir dans le monde des hommes pour tenter de leur apporter paix et lumière.
Notre jeune apprentie commence par allumer sept bougies blanches réparties dans l'espace, la dernière bougie, de couleur bleue, éclairera le vieux grimoire qui recèle les secrets de la Féérie du Royaume. Elle ouvre alors le grimoire et découvre que toutes les pages sont vierges de toute marque ou signe d'écriture. Devra-t-elle appeler sa fée protectrice? Résoudra-t-elle seule l'énigme du grimoire vierge?
Un souffle d'air d'une grande force soulève alors les rideaux blancs de la chambre apportant un doux parfum de flore sauvage qui enveloppe la jeune fée dans des vapeurs tourbillonnantes. Sous l'intensité du Charme, les yeux verts de le fée se ferment et son corps est emporté dans les airs. La fée s'envole au-delà des sept tours du château, au-delà des forêts et des mers vers sa dernière épreuve… mais elle ne le sait pas encore…
Annie.
Monique.
Ecrire un texte avec une phrase initiale tirée au sort.
Phrase > "Il me semblait entendre des incantations"
Il me semblait entendre des incantations, mots inconnus psalmodiés par d'étranges petites voix… C'est la première sensation que la jeune fée communiqua à sa fée protectrice dont elle découvrit le visage penché sur elle quand elle ouvrit ses grands yeux verts.
Il me semblait entendre des incantations, murmurait-elle, comme si elle désirait ainsi reprendre contact avec la réalité que ce long vol de plusieurs années lui avait ôté. Des incantations douces et persistantes qui m'enveloppaient, et sur lesquelles je croyais flotter, comme si ces paroles emportaient mon corps vers un autre monde, le faisaient voyager vers un ailleurs.
Tu as quitté le Royaume des Fées, lui dit alors sa fée protectrice, et désormais je ne serai plus là pour te protéger car tu as reçu assez de force pour suivre ton propre destin. Le Conseil a décidé de t'envoyer dans le monde des hommes. Demain, à la pointe du jour naissant, tu naîtras toi-même dans le corps d'un enfant, d'un fragile enfant d'homme, encore innocent et ignorant de notre monde à nous, car demain tu auras oublié tous les secrets appris au Château des Sept Tours, tu m'oublieras aussi.
Seul te restera le souvenir d'un autre monde dont certains hommes ont l'intuition, sans être pourtant assurés de son existence. Mais toi, dans le monde des hommes, tu garderas la force de savoir que notre monde existe, notre monde de paix et de lumière. Ce sera ta force, et ton destin humain fera de toi, parmi les hommes, un être de lumière, et tu devras combattre pour construire dans leur monde la paix universelle.
Ne crains jamais, nous serons avec toi.
A ces mots la Fée protectrice ferma les yeux verts de la jeune fée, effaça d'un souffle doux et parfumé son corps féérique qui bientôt deviendrait au sein d'une humaine un petit corps fragile.
Annie.
Combat
La prophétesse reprit son souffle et ouvrit le livre à la page 666. Le livre dessiné à l’encre rouge représentait à cet endroit une bête immonde, velue, énorme, bavant, aux griffes longues et coupantes qui semblaient déchirer le papier.
Amélie continue ses incantations, l’œil révulsé, le souffle de plus en plus court pour extirper le Diable du village des damnés.
Jour de solstice, éclipse de soleil, arrivée du printemps et forces obscures, tout était réuni pour réussir à écarter la présence malfaisante.
Mais le combat était rude. Amélie sentait ses forces faiblir, des perles de sueur refroidissaient son dos, son visage devenait de plus en plus pâle.
Le Diable rugissait, tournoyait dans la pièce, sa bouche difforme lançait d’étranges paroles que la Prophétesse devait traduire mais surtout ne pas répéter sous peine d’envoûtements éternels.
L’étrange combat durait, les villageois groupés sur la place de la fontaine perdaient eux aussi leur couleur. Certains s’effondraient, d’autres pleuraient des larmes de cendre.
Il fallait trouver un cœur innocent compris Amélie pour gagner définitivement la rude bataille. Une femme sur la place, plus jeune que tous, attendait son premier enfant.
Si la prophétie lue dans le livre s’avérait juste, la naissance de l’enfant ce jour-là permettrait de renvoyer à jamais le Diable dans son enfer.
Alors la jeune mère ressentit les premières douleurs, le nourrisson mit cinq heures à venir, cinq longues heures pour Amélie qui devait continuer de psalmodier tout en résistant à l’envoutement du Diable.
Enfin il naquit, une fleur blanche s’ouvrit à cet instant, la lune cacha entièrement le soleil, Amélie s’effondra épuisée, comme la jeune mère, mais dans un dernier mugissement, la terrible créature quitta le village à jamais.
Isabelle.
Dans la cabane de la plume magique j'ai retrouvé".
Dans la cabane de la plume magique j'ai retrouvé mon vieux cahier de l'atelier d'écriture Siplume.
Une chaleur m'envahit aussitôt. Je suis assise sur un tronc d'arbre en guise de banc et je l'ouvre à la première page : une date, des noms, des mots et la magie opère. L'écriture court toute seule de haut en bas sur les cotés, s'égaillant dans un dessin, une rature, des flèches. Il faut parfois tourner le cahier pour suivre la conclusion d'un texte qui refuse de quitter la page. Il court dans la marge ou sur le côté et parfois s'accumule en bas à droite, histoire de finir en mangeant tout l'espace. Ecriture gourmande exigeant du temps, mélangeant les rires et les taches de chocolat. Je sens encore l'odeur de brioche les jours où les plumes étaient légères et enjouées. Parfois quelques dégoulinades d'encre salée laissent percer des réunions où l'émotion déborde et s'encanaille avec la feuille. Les sentiments étouffés jaillissent alors sous la plume. L'actualité n'est jamais bien loin et l'on peut se promener de date en date comme dans un livre d'histoire. Un voyage sur les ailes des plumes au-dessus d'une société tourmentée.
Je tourne une à une les pages de ce grand espace où l'on peut voler en toute liberté. Le papier bruisse et le souvenir des rires me parvient étouffé. Dans un moment de complicité partagée les plumes arrachent aux mots leur saveur secrète; elles se jouent des formules creuses pour leur redonner la vie. Une vie riche et colorée qui nous habitera pendant toute la semaine d'une énergie nouvelle.
Le cahier est vieux et usé mais la saveur des histoires résonne dans mon coeur du chant d'une amitié partagée.
Joëlle.
Plume magique
Ma gigolette lève haut la jambe pour impressionner le spectateur.
Ma girouette tourne la tête en tous sens sans trouver le nord.
Ma gifle a bien atteint son but, mais était-elle utile? Oui, ouf !
Ma gisquette bien-aimée, j'aimerais te protéger de tous les coups de la vie.
La magie du lieu m'envoute. Je voudrais rester là, protégée des intempéries de ce monde insensé, mais à force, le temps ne serait-il pas trop long?
Monique.
