La bille verte

Publié le

Cette bille-là, il l'avait trouvée comme ça par hasard dans une rue qui le conduisait chaque jour à l’école. Elle brillait dans le caniveau humide. À son passage elle lui lança une étincelle de lumière, comme un clin d’œil.

Il prit dans sa main la petite sphère lisse et précieuse qui semblait une planète minuscule veinée de lignes sombres sillonnant des surfaces glauques et blanches. Il la glissa au creux de sa main et lui communiqua sa chaleur. Si douce, sa petite sphère magique qui accompagnerait son chemin de vie, passant d’une poche à l’autre de ses vêtements, provoquant l’ironie de ceux qui surprenaient l’inoffensif secret.

Un matin d’hiver, longtemps après, on trouva dans le fauteuil de son salon un vieil homme, sur ses genoux un livre ouvert, Poèmes de Paul Eluard. La main droite du vieil homme s’était refermée sur une bille verte et brillante.

Annie.

Publicité

Publié dans plume par plume

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article