Atmosphère >>> Salon de thé

Publié le

Atmosphère >>> Salon de thé
Solitude.

C'était le seul endroit de la ville où l'on pouvait déguster de véritables tartes aux fraises.

Il en était déjà à sa troisième dégustation, et elle n'arrivait toujours pas. Il commanda une quatrième tartelette que la jeune serveuse rousse déposa devant lui avec une sorte de réticence, un peu séchement. La petite assiette de porcelaine tinta sur le marbre de la table ronde. Les deux vieilles dames de la table voisine se retournèrent, réprobatrices. Elles échangèrent entre elles quelques paroles, à mi-voix, comme à l'église. Puis le silence se fit à nouveau, à peine ponctué par le son léger des petites cuillères dans les tasses sur un fond de musique d'ambiance doux et feutré.

A la sixième tarte aux fraises il comprit qu'elle ne viendrait pas. Il demanda l'addition que la jeune serveuse rousse lui apporta avec un visible soulagement. Il enfila son pardessus, ajusta son écharpe grise, cadeau d'anniversaire tricoté par Maman, et quitta le salon de thé en saluant d'un signe de tête les deux vieilles dames.

Dans la nuit froide et humide, il songea que le lendemain le salon de thé ne serait pas ouvert.

Annie.

Publicité
Atmosphère >>> Salon de thé
Petit bonheur.

Par un jour de pluie, je franchis la porte du café, la chaleur et les effluves m'enveloppent. Comme un papillon attiré par la douce lumière et le moelleux des rideaux, je me dirige vers une banquette en velours rouge.

Je suis assaillie par des odeurs de beurre frais, d’arôme de café et de cacao, l’eau me vient à la bouche. Je commande gâteau et tasse de thé. Je suis installée dans un angle d’où je peux voir la salle sans être vue. Le macaron arrive, sur l’assiette son reflet se mêle au sucre roux saupoudré. Je me perds dans cette image, mes yeux fixent et fixent encore ce mirage sucré jusqu’à en loucher. L’image se déforme, je me sens partir ailleurs, un bien être m’envahit, je suis hors du temps, je deviens la buée qui s’échappe de ma tasse, légère et aérienne.

Peu à peu je relâche mon attention, mon regard revient à la normale, je réentends les conversations, les bruits des tasses qui s’entrechoquent. Ma cuillère entame alors le macaron au chocolat dans son cœur moelleux, le sucre se dépose sur son dos argenté. Les cristaux crissent sous mes dents, fondent sur la langue et adoucissent l’amertume du chocolat. Une joie, un grand calme m’envahissent. C’est bon d’être seule, de regarder les autres, de les sentir vivre, tout en étant en communion avec mes sensations et mon être profond, dans la vérité de ce moment de sensualité.

Joëlle.

Publié dans autour de

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article