Mythes et héros revisités

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Mythes et héros revisités

L'espace de quelques minutes, les plumes convoquent et réinventent des héros ou des mythes.
Par ordre d'apparition à l'écran :
. Blanche-Neige
. Hercule
. Bécassine
. Sisyphe
. La Belle Hélène
. Le Fou et le Roi

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Blanche Neige ou En fin de conte

Dans la verte forêt enchantée Blanche Neige repose dans son cercueil de verre. Le Prince Charmant, descendu de sa blanche monture, s'avance. Les Nains, émus, sèchent leurs larmes, pressentant la fin heureuse de l'histoire…

Le temps est suspendu… Les animaux de la forêt se taisent, même Dumbo l'éléphant, pourtant toujours agité, même Pan Pan le lapin un peu crétin et Bambi l'orphelin éploré, tous gardent le silence, leurs yeux brillants fixés sur le Prince qu'ils trouvent si charmant.

Et le Prince, avec douceur et majesté, dégage le couvercle de cristal qui referme le cercueil; il s'approche lentement, inclinant son visage sur le visage aux yeux clos de Blanche Neige; les lèvres amoureuses du Prince vont se poser sur la petite bouche endormie de la princesse. Tous sont dans l'attente du miracle qui doit se produire. Les sept Nains, Dumbo en vol plané, Pan Pan et Bambi et tous les autres, écureuils fous, la famille des trois Ours, et même le Loup et les trois petits Cochons, tous ont le coeur battant… ça y est, les deux bouches entrent en contact et, Blanche Neige se redressant brusquement écarte le Prince et pousse un cri strident: "Quelle affreuse odeur ! Comme il est vilain !

Blanche Neige s'est dégagée vivement du cercueil et s'enfuit vers la forêt profonde dans une course éperdue, poursuivie aussitôt par les nains, les ours, le loup et les petits cochons, et le lapin et la souris verte, et Dumbo qui, ayant déployé ses grandes oreilles, arrive le premier et se pose aux pieds de Blanche Neige hors d'haleine.

- Tu ne peux pas nous faire ça, s'écrie Dumbo.

- Tu ne peux pas, reprennent en choeur les animaux et les sept nains, arrivés les derniers. Ce n'est pas écrit comme ça.

- Rien à faire, hurle Blanche Neige, il est moche et malodorant, je ne l'aimerai jamais. Je préfère même épouser le Capitaine Crochet et vivre toute ma vie avec son foutu crocodile. Laissez-moi partir !

L'histoire ne dit pas s'ils se marièrent et eurent quelques enfants.

> Annie.


Hercule.

Le bel Hercule a vingt-cinq ans.

Des biceps avantageux qui soulèveraient des colonnes, sous la tunique des muscles rutilants. Sa peau bronzée luit sous la sueur des efforts qu’il consent allègrement. Sa tignasse brune ondule sur son front fier et obstiné. Il agit, il séduit. Rien ne l’arrête, de sa vie il est au firmament.

           …

Le pauvre Hercule a cinquante cinq ans. Un faux menton naissant, des plis sur le cou, des poils grisonnants. Le dessus du crâne luisant et le ventre bedonnant ! Sa taille s’est épaissie en des « poignées d’amour » dit-on ; il sait se poser et prendre son temps.

Mais il a maintenant de petites rides au coin des yeux, un regard touchant.

Un sourire confiant, généreux et tendre … tellement attachant !

Maintenant, Hercule aime sincèrement.

> Danielle.

Mythes et héros revisités


Bécassine

Bécassine,
ma Bécassine en caoutchouc, première amie d’enfance arrivée dans mon berceau avec son petit bonnet et son joli tablier blanc, ses grosses chaussures noires qui laissaient apparaître un bout de ses bas à rayures sous l’ample jupon vert.


Ses yeux ronds me regardaient fixement ; je la trouvais belle, rassurante. Je l’aimais.

Des années ont passé. Oubliée la petite Bécassine, la gentille confidente qui devenait tantôt ma fille que je berçais, tantôt la consolatrice de mes gros chagrins.

Et je t’ai retrouvée, un jour, au fond d’un vieux placard abandonné. Tu avais l’air aussi étonnée que moi.

Nous nous sommes pourtant reconnues.

L’émotion m’envahit et me serre.

Je regarde ton nez, petite patate rose au milieu du visage. Presque disparu.. Il avait sûrement calmé la pousse de mes premières dents. Les jolies couleurs vives de ton costume n’ont pas résisté, elles non plus, aux plongeons quotidiens dans la lessiveuse qui nous servait de baignoire. Tu as même perdu de tes belles rondeurs.

Tu as vieilli, toi aussi. Chacune de nous a souffert du temps qui passe…

Nous avons été élevées ensemble, nous étions inséparables. Bécassine, petite compagne de route, comment ai-je pu t’oublier au fond du vieux placard abandonné ?

> Hélène, petite goutte d’encre bleue tombée de la plume (pour le texte et la photo).

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Sisyphe ou le rocher de mots

J'écris un premier mot. Puis un second. Avant de le raturer. Le remplace par un autre. La raye à son tour. Je décide de recommencer, le premier mot n'en inspirant aucun autre.

Trois nouveaux mots surviennent. De ce nouvel élan émerge une idée qui aussitôt s'évanouit. La page n'est plus blanche mais elle est noire de mes ratures.

Surgit une phrase entière, jet d'encre continu, spontané et décomplexé. Elle ne survivra que jusqu'à sa relecture qui d'un trait la sanctionne.

Eternel recommencement de l'auteur, réincarnation en Sisyphe, poussant son rocher de mots jusqu'au sommet de son imagination avant que ne retombe l'inspiration.

Les mots, les phrases et les paragraphes laborieusement élaborés s'écroulent, me déséquilibrent et me renversent. Obstinément.

Je m'applique, me concentre, m'élance à nouveau et crois ma chance me sourire une fois parvenu tout en haut d'un chapître. Espoir éphémère et déçu quand le fragile édifice d'encre et de papier vacille et choit, emportant dans sa chute mes illusions et ma modeste prose.

Travailleur invétéré, je m'acharne dans ma quête vaine, absurde et infinie.

> Sylvain.

La Belle Hélène
 
La bien nommée fut tant aimée que ses amours provoquèrent une guerre.
 
En réalité il était une fois une demoiselle que tous les jeunes hommes du royaume trouvaient ravissante. Pour les autres jeunes filles c'était très différent. Il faut dire qu'elle était assez joufflue, les cheveux en bataille couleur paille, les yeux, myopes, globuleux, la bouche édentée. Son charme principal était son royal père, pas futé, futé ! L'intelligence n'étant pas l'apanage familial.
 
Comme elle entendait assez mal, il fallait lui parler très fort. "Hé ! Laine, m'entends--tu ?" Lorsqu'elle répondait " Oui, oui " la conversation commençait mais tournait court car Laine n'enregistrait pas bien, et il fallait répéter haut et fort, c'était très fatiguant.
 
Finalement, son père la maria à un vaurien qui s'était fait passer pour un vaillant guerrier. Il entra en guerre contre le pays voisin qui ne comprit pas pourquoi cette attaque ! Après une courte bagarre, le prince "qu'on sort" fut sorti du champ de bataille vite fait, bien fait. Il se crut sauvé en chevauchant un cheval de bois qui traînait par là. Inutile de préciser qu'il finit sa vie ainsi, terrassé sur ce fier destrier.

Et voilà l'histoire vraie de la belle Hé! Laine !

> Monique.


La Reine et le Fou

Le chevalier du Robot du Cœur, fringant sur son cheval blanc, arrive à tire-d'aile sur le lieu du tournoi. Il lance la flèche qui atterrit sur le chapeau de la reine. Elle louche et tombe raide morte en bavant...
Le crane saigne, les yeux sont révulsés. Le fou chante. Il saute sur le trône, s'empare du sceptre et décide sur le champ d'envoyer les chevaux à l'abattoir pour faire du pâté de reine. Les robots arrêtent les chevaliers pour récupérer leurs armures et en faire des boites de fer blanc .Elles serviront à conserver les pâtés. La date de consommation expiera à point de temps car le temps n'existe pas.

> Joëlle.

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