Palmarès >>> XVèmes Jeux Sartrouville Poétique
L'atelier d'écriture Siplume a participé aux XVèmes Jeux Sartrouville Poétique 2015-2016 dans le cadre du 18ème Printemps Des Poètes.
Nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir nos textes primés.
Ombre
Mon ombre sur le chemin
Intrépide éclaireuse
Ou prudente suiveuse
Mon ombre sur le chemin
O compagne fidèle
O complice jumelle
Mon ombre sur le chemin
Seulement de passage
Se cache sous un nuage
Mon ombre sur le chemin
L'azur ressuscite
Mon âme félicite.
Clochard
Ce soir, inhabituelle suavité de la vie, je bois jusqu'à la lie, j'absorbe dans mon gosier déchiré par le froid, la liqueur brûlante, éphémère fée mutine, amante d'un jour ou de toujours.
Je suis celui que vous fuyez, celui qui exhale les relents maudits du désespoir, le clochard, le pauvre hère, le miséreux, celui au paletot déformé, au destin noir, celui que vos yeux honteux, trop effrayés à l'idée de croiser ma pupille meurtrie, ne daignent plus effleurer de leur lumière.
Ma bouteille devient l'amante à peau douce, la femme lumineuse, l'étincelle encore vibrante. Elle emprisonne mon destin de mendiant. Le vent frileux n'aide pas à abandonner cette belle. Elle réchauffe les débris de mon cœur posés sur le pavé.
Du regard je n'ose plus vous supplier de faire un geste vers moi, en silence, en parole, un signe qui montre que j'existe encore, que je ne suis pas qu'un banni. Mon visage a oublié de poser, à l'ombre des paupières, à la pliure des lèvres, le dessin d'un sourire. Mes mains monstrueuses, boursouflées de meurtrissures, celles de l'âme comme celles de la froidure, pleurent et supplient de croiser encore l'âme charitable.
Mon prénom est oublié dans les méandres d'une mémoire blessée. J'ai préféré le taire, le rayer à jamais, je ne suis plus celui que ma mère a enfanté. Je lance mes prières dans le vide des regards, exhortations silencieuses, inutiles suppliques.
Je distingue à peine la foule pressée, les pas qui me contournent et s'éloignent, le cercle silencieux qui garde une suffisante distance. Surtout, vite, fuyez, courrez vous réchauffer dans la chaleur de vos foyers. La misère semble contagieuse, elle sort par les pores de la peau rugueuse, contamine l'air, expulse son vice…
Isabelle (qui obtient un Accessit, dans la catégorie poésie libre).
Bise
Un vent d’automne froid
S’est levé ce soir malgré le ciel clair
Il annonce déjà l’hiver.
Une nouvelle saison suivra
Après la nuit, après le noir
Après les pleurs entre les draps.
Je ne veux pas céder au désespoir
Aide-moi serre-moi fort dans tes bras.
Ne fermez pas les portes
L'humeur cavalière