Les contes de la petite poule bleue

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A l'occasion des fêtes de fin d'année,
l'atelier SIPLUME vous propose
une série de 7 histoires
improvisées en séance
et inspirées
par une seule et même
petite poule bleue
en terre cuite.
 

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Gallinacé

Elle est bien jolie la poulette qui a pour nom Gallinacé. Chacun, au lieu-dit La Poulardière, fait preuve d’un grand respect à son égard parce que « La Gallinacé » ainsi qu’on la nomme familièrement, est un phénomène qui suscite de récurrentes questions.

Les jeunes comme les plus anciens l’ont toujours connue. Elle n’a pas d’âge. « Va donc savoir si elle n’a pas vécu du temps du bon Roi Henri IV ? ». Elle aurait échappé de justesse, raconte-t-on, au généreux Pot qui conduisait à la triste destinée de ses aïeules des siècles passés.

Une poule bien étrange La Gallinacé et lorsqu’elle traverse sans hâte et sans complexes l’unique petite route du hameau, même les lourdes moissonneuses-batteuses stoppent immédiatement le convoi pour céder aimablement le passage à Gallinacé qui, ignorant sciemment la déférence qu’elle inspire, poursuit paisiblement son chemin non sans obliger la factrice à mettre pied à terre une fois sur deux. On imagine que l’imperturbable Gallinacé pense que « le courrier attendra ». Il doit lui arriver aussi de songer aux diligences qui s’arrêtaient jadis, elles aussi, dans un grand bruit de sabots et les cris des cochers retenant leur attelage pour ne point l’écraser.

Cependant, depuis quelque temps, Gallinacé semble perturbée, inquiète. Elle picore, picore lentement et sans enthousiasme les petites graines et les fétus de paille qui n’ont plus la même saveur à son bec fin ; elle a aussi des aigreurs de gésier qui l’intriguent. « Qu’est-ce que cela ? »  pense-t-elle, sans doute avec le douloureux pressentiment que son éternité pourrait ne pas.. s’éterniser.

Ajoutant à son inquiétude, elle confond depuis quelques années, l’heure du lever et celle du coucher. Avouez qu’il y a de quoi perdre la crête !

A la fin de la journée, alors qu’elle s’en revient par le même chemin, indifférente comme toujours à l’intérêt qu’elle suscite depuis si longtemps, on la voit s’arrêter immanquablement devant l’église, une patte en l’air, en scrutant la pointe du clocher avec son petit œil en coin … « pourquoi la cloche tarde-t-elle tant à sonner ? »

Hélène.

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