De l'écran à l'écrit

Publié le par Sylvain

 

Chaque plume improvise un texte devant intégrer un ou plusieurs titres de films tirés au sort.

Les affiches présentées dans cette publication n’étaient pas connues des auteur(e)s au moment de l'écriture.

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La maison du docteur Ferrer

A partir des films "On voulait tout casser" réalisé par Philippe Guillard et "Une vérité qui dérange", traduction du titre "An inconvenient truth" de Davis Guggenheim.

Aussi silencieux que déterminé, notre groupe parvint à la nuit tombante au domicile du Docteur Ferrer.

Sachant le propriétaire absent, nous escaladâmes confiants le mur d'enceinte, marchâmes sur l'allée de graviers et atteignîmes l'imposante porte d'entrée. Cette dernière ne résista pas longtemps à nos coups de hache.

En pénétrant dans le hall, le luxe ostentatoire démultiplia notre volonté. On voulait tout casser. Les tableaux furent lacérés, les bustes renversés et fracassés, le lustre décroché et pulvérisé.

Rien ne semblait pouvoir arrêter notre rage ni notre furie. Aucune pièce ne fut épargnée. Les meubles anciens et racés, les collections en cristal, les tentures comme les appliques subirent un sort identique.

A nous cinq nous formions une milice dissidente et révoltée. Mue par un écœurement, une vérité qui dérange. Au sein du village nous seuls réagissions par l'action et la violence, seule voie possible face à l’horreur révélée des tortures infligées par le prétendu médecin à ses naïves victimes.

Chaque coup asséné, chaque objet explosé répondaient en écho aux supplices imposés par le praticien en fuite. Maire du village, personnalité respectée, notable parmi les notables, le Docteur Ferrer semblait avoir pétrifié les administrés dans une consternation et une crainte que les horreurs mises au jour n'avaient pas dissipées.

Mes compagnons et moi n'allions pas nous contenter de cette expédition. Il ne fallait pas seulement saccager l'antre mais également supprimer le monstre.

Sylvain.

Charmeurs

A partir des films "Celui qu'on attendait" de Serge Avedikian et "A nos amours" de Maurice Pialat.

Il  marchait d'un pas assuré sur le chemin. La veste rejetée sur l'épaule lui donnait l'air conquérant. Sa silhouette grise se détachait sur le couchant, forme en mouvement, fantôme du passé qui ressurgissait dans le présent.

Celui  qu'on attendait était revenu, mais personne  ne s'agitait sur le chemin. Une idole était partie dans une envolée de larmes, de baisers et de cris déchirants. Des matins gris aux matins blancs s'étaient succédé. Les yeux étaient devenus secs, les joues s'étaient creusées. Les femmes maigres et durcies avaient accouché d'enfants sans père aux regards bleus qui portaient tous le même prénom. Emmanuelle fille ou Emmanuel garçon. Tels des anges ils gardaient la mémoire de l'étoile filante qui avait fait de leurs mères ces fantômes désossés qui attendaient en vain que le sourire charmeur et l’œil ensorceleur viennent de nouveau les faire rêver .

Celui  qu'on attendait revenait. Il n'y avait plus de bruits pour l'accueillir, plus de larmes, plus de cris. Les belles s'en étaient allées. Certaines gisaient dans un trou commun derrière le fossé avec une croix en bois où les petits avaient écrit "A nos amours" . Puis eux aussi étaient partis vers la ville, vers le rêve, dans un feu d'artifice de petits clones aux yeux charmeurs prêts à faire chavirer d'autres cœurs.

L'idole, elle, était restée dans ce village désolé où il pourrait continuer à rêver.

Joëlle.

Si par hasard

A partir du film "A tous les vents du ciel" de Christophe Lioud d'après le roman "Si par hasard' de Jean-Christophe Destremau

Si par hasard vous passez par là, arrêtez-vous cinq minutes.

Prenez le temps d'admirer le ciel et la mer, de respirer cet air marin, d'apprécier le calme de ces eaux vertes et mouvantes. Ce paysage est si beau, si grandiose.

 
Vous verrez, si vous attendez encore, les nuages assombrir l'horizon et tous les vents du ciel remplir cet endroit, la mer s'agiter et vous connaîtrez la passion qui fait vibrer ce pays, mon pays.
 
 

Monique.

 

 

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I
Une bien inquiétante maison du docteur Ferrer...
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D
Comme j'aimerais connaître ce pays de Monique que fait vibrer la passion !
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