A la manière de Charlotte

Nos plumes
se proposent
d'improviser un texte
en utilisant
des phrases scandées courtes,
à l'instar du roman
Charlotte
de David Foenkinos.
Respirations
Écrire avec des respirations et des silences.
Laisser parler les mots cachés à l’intérieur de soi.
Écouter les mots des autres les laissant résonner en soi
C’est cela lire des livres.
Être au monde c’est d’abord être seul
Du début à la fin de l’histoire.
Au mitant de la vie, être au monde, c’est vouloir rencontrer les autres et mélanger des solitudes
Pour ne plus être seul
Pour ne plus être seul par moments…
Comme un métal chauffé ou refroidi
Le temps vécu se dilate ou se contracte
On ne peut plus rien faire pour le passé
On ne peut rien faire encore pour le futur qui sera une surprise
Belle ou funeste, heureuse ou triste.
On peut anticiper, un peu, parfois…
Il faudrait pouvoir plutôt se centrer sur le moment vécu à l’instant
L’instantané fugitif que l’on appelle présent
On l’accueillerait comme un cadeau, un présent de la vie.
Annie.
Cri (1)
Au-dessus de l'océan
Au bord de la falaise
Il crie
Il jette un cri
C'était le cri ou lui
Sa rage est sortie
A plongé dans le vide
Cri (2)
Le bruit des bottes
La gueule des chiens
Le cri des hommes
L'obsèdent encore
Se boucher les oreilles ne lui sert à rien
Ses mains ne peuvent occulter sa mémoire
Sa vie à jamais salie
Ses souvenirs souillés à vie
Nouveau monde
Du détachement
A l'indifférence
Elle s'est retirée du monde
Depuis son île de solitude
Elle pense au temps d'avant
Mais pour rien au monde
Elle n'y retournera.
Sylvain.
Charlotte
texte inspiré par la photographie de Ian-Patrick
(Bien-être sûr et désespoir de cause - Photographies, 1966-1996)
La vieille pose pour la photo,
la table a été vidée, nettoyée,
Oublié, un œuf reste là
roulera-t-il au sol ?
La nappe à fleurs est triste et démodée,
voilà longtemps qu'elle fut choisie,
le buffet du fond de la pièce aussi.
L'artiste est installé
face à la grand-mère pour la rassurer.
L'appareil, au niveau de la table cliquette et recliquette.
Les photos seront-elles bonnes ?
A vous de le dire
ou à Charlotte !!!
Monique.
Sous le charme
Le baiser dans le cou
Geste de connivence
Exempt d’inconvenance,
Moins emprunt d’innocence
Que le baiser sur la joue !
*
Une fossette au bas d’une joue
Dans le silence se joue
Du charme qu’elle opère
Et du désir qu’elle exaspère.
*
Braver l’interdit
Pour connaître le frisson
Et le chant du pinson
Jusqu’à un paradis.
*
Franchir les murs
Et ouvrir les bras
Aller tout là-bas
Pour accéder au bien-être sûr.
Danielle.